Israël a informé les pays du Maghreb arabe, via l’organisation de
l’alliance atlantique, et des émissaires américains "qu’il est directement concerné par la sécurité de la Méditerranée occidentale, le détroit de Gibraltar, et les routes maritimes commerciales
aux confins des eaux algériennes et libyennes". Les médiateurs occidentaux ont évoqué l’inquiétude grandissante d’Israël envers l’accroissement de la force maritime algérienne au cours de ces
dernières années.
Selon une source de haut niveau de l’appareil de sécurité algérien, "l’envoi par l’Algérie d’observateurs militaires pour prendre part aux manœuvres Active
Endeavour ne signifie absolument pas que l’armée ou la marine algérienne vont avoir des contacts directs avec Israël". La même source ajoute que "l’Algérie ne peut s’absenter des
plans de sécurité maritime en Méditerranée occidentale, du fait de sa conviction et sa foi militaire enracinée".
Le responsable militaire algérien a exprimé la volonté de son pays d’apaiser l’inquiétude des pays occidentaux, de ce qu’ils considèrent comme la montée en puissance de la flotte maritime de
guerre algérienne, équipée de moyens modernes, et dont les forces de frappe ont été renouvelées.
D’après certaines informations, l’Algérie subit des pressions américaines depuis février 2006, date de la visite de Donald Rumsfeld, ancien secrétaire d’Etat à la défense américain, l’enjoignant
de fournir des garanties pour que les bâtiments de guerre algériens n’agressent pas la flotte maritime commerciale israélienne dans le cas d’une guerre générale entre Arabes et Israéliens
(…).
Le gouvernement de Tel-Aviv a informé l’Algérie par l’entremise de médiateurs américains de son inquiétude grandissante face à la force maritime algérienne qui constitue désormais "un danger pour
la sécurité intérieure israélienne", notamment avec sa persistance dans "une attitude d’animosité envers Israël". D’où l’exigence d’Israël de garanties pour la sécurité de sa marine commerciale
qui constitue l’un de ses poumons, en ce sens que 60 à 70 % de l’ensemble du commerce extérieur israélien, estimé à 80 millions de dollars, transite via le détroit de Gibraltar et des routes
maritimes contigües des bases militaires algériennes, à une distance de moins de 100 miles marins.